De la part d’Hannah

« Mon père, c’est pas vraiment le genre patient ; avec lui, il faut que ça file droit, on rigole le dimanche entre onze heures et midi, le reste, c’est fait pour trimer et mettre des baffes à tout ce qui va de travers, moi comprise. À mon avis, il était pas fait pour avoir des enfants, mais ça lui est tombé dessus, comme à plein d’autres. Son métier, c’est vendre des fleurs. Avant, il vendait des postes de radio et encore avant, de la ferraille qu’il récupérait je sais pas où. C’est pas ce qu’il vend qui est important, c’est vendre tout court. Faut que ça rapporte. Jimino dit que c’est plus fort que lui, il lui faut du stock, des commandes, du chiffre d’affaires. Il travaille du matin au soir, même le week-end, ce qui veut dire qu’on a rarement le temps de jouer. »

Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À la Chapelle Meyniac, les cancans des mégères vont bon train et elle s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la seconde guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

De la part d’Hannah
Éditions Robert Laffont
EAN : 9782221135549
19 euros